Publié le 07/11/2009 à 14:51 par gaetano
Gaetano Persechini
0675023243
gaetanopersechini@free.fr
(Toutes les peintures présentées sur le blog sont en vente. Pour plus d'informations, n'hésitez pas à me consulter.)
Publié le 07/11/2009 à 14:48 par gaetano
(texte à venir)
Sottovoce XII. peinture encaustique sur papier Arches. 60x80. 2009
Publié le 04/11/2009 à 22:51 par gaetano
«C'est le film de l'innocence comme moyen de lutte»,
( à propos des onze fioretti de saint François d'Assise )
Roberto Rossellini
Image tirée du film de Roberto Rossellini " les onze fioretti de saint François d'Assise",
"Francesco, giullare di Dio"
Publié le 17/10/2009 à 09:37 par gaetano
" En nous est la source.
Mais pourquoi avons-nous.
Tant de mal à la rejoindre."
Charles juliet
Je voudrais ici rendre hommage à Charles Juliet, dont la découverte et la lecture de son journal en 1988 demeurent pour moi un évènement très marquant et inoubliable, tout comme d'autres évènements tout aussi importants dans ma vie qui eurent lieu en même temps et dont les souvenirs sont liés.
Par la suite je me plongeais avec émotion dans la lecture des poèmes et autres textes, comme " l'oeil se scrute " , " ce pays du silence ", " approches ",
sans oublier "rencontres avec Bram Van Velde".
A cette époque une représentation du texte de ces rencontres était donnée au théatre de la ville de Paris dans le cadre du festival d'automne. Quand je lus pour la première fois des extraits du livre et des propos de Bram Van Velde dans une plaquette de présentation de l'adaptation pour le théâtre, ce fut un choc! Une parole d'artiste, vraie, unique, humble, m'était donnée à lire, à ressentir,...Je ne connaissais rien de sa peinture, mis à part peut être une toile ou deux que j'avais dû voir lors d'une exposition collective ou dans les collections du Musée national d'Art moderne de Paris.
Quand j'allais par la suite au devant de cette oeuvre que Charles Juliet m'avait offert de découvrir par la lecture de ces rencontres, le choc et l'émotion furent tout aussi important que les rares mots de l'artiste que j'avais lu.
Les écrits de Charles juliet m'accompagnent depuis ce temps; j'y reviens régulièrement avec toujours autant d'attention, et une présence émue.
Il y a presque deux ans, j'ai eu la chance d'aller écouter Charles juliet à la maison de la poésie à Paris à l'occasion de la publication de son recueil " L'opulence de la nuit ":
Ce soir là j'arrive très en avance. C'est l'hiver, je marche longuement dans les rues alentour, je m'arrête dans un café pour me réchauffer un peu. C'est tout près d'ici que quelques années auparavant je m'asseyais à la terrasse d'un autre café, en automne, pour y lire les premières pages du journal III que je venais d'acheter.
Je suis impatient, tellement secoué intérieurement de pouvoir voir et écouter de nouveau cet écrivain, cet homme...
Moment intense, vibrant, chaleureux.
La première fois, c'était donc il y a un peu plus de vingt ans. Période de doutes, de questionnements, de solitude. Tout à fait par hasard un soir tard j'allume la télévision, et je tombe sur ces images d'un homme que je ne connais pas qui répond très calmement, timidement, aux questions que lui pose son interlocuteur. Le regard, la voix, les mots me pénètrent. Je ne peux détacher mon regard et mon attention de ce qui se passe là devant moi. L'émotion est si forte. Je suis bouleversé...
G
Sottovoce X. Pour Charles juliet. Peinture encaustique sur papier. 50x70 cm. 2009
" ma grande chance, ce fut peut être d'avoir toujours plus ou moins su qu'il n'y avait pas à refuser la souffrance. Qu'il fallait lui laisser préparer le terrain où grandirait la joie." ( octobre 1974 )
" Il importe de ne pas se protéger, de ne pas élever de défenses. De faire bon accueil à ce qui vous meurtrit, vous lézarde, vous oblige à vous remettre en cause." ( 3 octobre 1973)
" Parfois le plus beau cadeau qu'on puise fire à un être, c'est de le laisser déverser en vousson trop-plein"
"Etre vrai c'est nécessairement être simple. Ne pas se laisser dominer par la crainte de ce qu'autrui pensera de vous..." ( 18 mars 1989 )
"L'aventure de la quête de soi. On est embarqué, et on ne sait ni où elle nous entraîne, ni en quoi elle consiste, ni le temps qu'elle va durer, ni ce qu'elle fera de nous...à chaque pas c'est l'angoisse d'avoir à aller plus avant dans l'inconnu." ( 20 déc 1992)
"L'attrait du difficile. Je vis l'écriture comme un défi à relever." ( 15 janvier 1990)
"Combien souvent nous intervenons sur nous même pour étouffer ce qui nous gêne, nous dérange, nous fait peur. Mais quel secret bien être on éprouve lorsqu'on s'abstient d'intervenir et qu'on laisse advenir ce qui veut se déployer." ( 8 juin 1992)
"pendant des années, j'ai connu la fatigue, l'usure, le dégoût. Au point d'en être parfois anéanti. or maintenant je suis à nouveau capable d'enthousiasme, de ferveur, d'émerveillement. Je ne cesse de m'étonner d'avoir pu me reconstituer. Il me semble qu'aux pires moments de détresse, j'ai toujours eu foi en ce vers quoi je chemine depuis l'adolescence. Un foi certes malmenée, rongée par le doute, mais inébranlable." ( 6 juin 1992)
Charles juliet
Publié le 16/10/2009 à 23:40 par gaetano
Signes pour B.V.V
"Je sais très bien qu'une toile ne peut être qu'une chose bizarre, incompréhensible"
Bram Van Velde
Campo. Encaustique sur toile. 2008.
Signes pour Bram Van Velde
" Je pars sur la toile et progressivement, c'est elle qui impose sa solution, mais une soultion difficile à trouver."
" la peinture, une oeuvre, ça n'est tellement rien, c'est si peu important. Mais précisément, c'est par là que ça prend un intérêt"
" Il faut une telle énergie pour peindre. "
" Une toile, combien c'est mystérieux...c'est un éclair. on ne peut l'expliquer. "
" il est extrêmement difficile de ne pas tricher."
" Toute l'époque vous pousse à vouloir dominer. "
" on se trouve sur un terrain où le savoir n'existe plus, où il faut avancer sans rien savoir, sans même savoir où l'on va. "
" l'horreur c'est de fabriquer. De peindre en dehors de toute necessité. "
" Je suis en mille morceaux. La peinture me rend un en quelque sorte. "
" Ce n'est pas facile de voir. Il faut même un certain courage. On ne l'a pas tout le temps."
Bram Van Velde.
Extraits de : " Rencontres avec Bram Van Velde ". Charles juliet. ed. P.O.L
In Memoriam Bram Van Velde 1 70x50 cm. 2006. encaustique sur papier
(Peinture faisant partie d'un ensemble de six de la série " le cycle des mémoires" )
Publié le 16/10/2009 à 23:14 par gaetano
"Tel est le monde
nous ne le voyons pas très longtemps:
juste assez
pour en garder ce qui scintille et va s'éteindre
pour appeler encore et encore, et trembler
de ne plus voir..."
Philippe Jaccottet
"Le miroir". Andrei Tarkovski
"Stalker". Andrei Tarkovski
"Solaris". Andrei Tarkovski
"Le sacrifice". Andrei Tarkovski
"Nostalghia". Andrei tarkovski
Sur un pli du temps
ce que je reconnais
ces images qui nous saisissent,
ces images
de nos vies éloignées
de nos vies qui tremblent de mémoires
Ce qu'on abandonne
et la solitude qu'on habite
pour retrouver l'origine
car tout est encore là
...
( extrait de "Lontano")
Publié le 11/10/2009 à 09:47 par gaetano
"Le réalisme en soi n'est pas de l'art. Seul le réalisme psychologique est de l'art. Ce qui a de la valeur, c'est la vérité artistique, la vérité saisie dans le feu de la vie, mais libérée de toute particularité inutile. La vérité filtrée par l'esprit d'un artiste. Ce qui se passe à l'écran n'est pas la réalité et ne doit pas l'être. Sinon, ce ne serait plus de l'art."
Carl Theodor Dreyer
Image tirée du film de carl Theodor Dreyer " Ordet "
Publié le 11/10/2009 à 09:45 par gaetano
" J'ai compris que tout le labeur acharné de ma vie était pour la grande famille humaine à laquelle devait être révélée un peu de la fraîche beauté du monde par mon intermédiaire"
Henri Matisse
Sottovoce IX. peinture encaustique sur papier. 50x70cm
Sottovoce V. peinture encaustique sur papier. 50x70 cm
Dans la faillite de l'être
je me souviens depuis si loin
une mer grise autour de mes épaules
le tremblement et l'appel
d'un passage vers le sud,
les vibrations des nuits et des saisons
dans l'atelier sous la lampe si blanche,
ce qui empêche mon coeur de sombrer.
( extrait de "Lontano")
Publié le 10/10/2009 à 13:29 par gaetano
" Ainsi ce que j'avais cru n'être rien pour moi, c'était tout simplement toute ma vie. Comme on s'ignore..."
Marcel Proust
" Dimora Italienne 2 ". peinture encaustique sur toile. 162x130 cm.
J'étais le voyageur sans bagages.
Le paysage, la lumière, et quelques rencontres de hasard allaient transformer et transporter mon regard.
Il fallait accepter d'avancer presque sans repères.
Etre sans savoir, seul et souvent silencieux.
je ne savais pas combien de temps ce voyage allait durer. Des rencontres et des histoires merveilleuses allaient surgir, me laissant un peu moins seul.
...)
( extrait de "Lontano")
Publié le 10/10/2009 à 13:06 par gaetano
" Maintenant toute la vie est en mon regard ."
Cristina Campo
" Poire grise ". photographie réalisée en sept 2009.
" Eté indien "
Octobre, fleur de mon péril
printemps chaviré dans les fleuves
Parfois la mort même m'est indifférente
- l' érable a interrompu son vol, les feux s'obscursissent -
parfois m'assaille la terreur d'exister,
rayonnante, comme l'aster rouge.
Tout est déjà connu, la marée prévu,
pourtant tout s'enténèbre et s'éclaire
d'un frais désespoir, d'une merveilleuse fermeté...
La lumière entre deux pluie, sur la pointe
du fleuve qui me tansperce entre corps
et âme, est une lumière de nuit
- la nuit que je ne verrai pas -
claire dans les forêts.
Cristina Campo
" Le tigre abscence " ed Arfuyen
" Matin d'octobre ". Photographie réalisée en octobre 2009.
Hommage à Cristina Campo.
"...Ici le temps est une sphère limpide. Et la petite lune tourne tout autour d'elle. Moi j'ai réduit ma vie à ma chambre parce que tout mon travail est sur mon bureau et que tout cela s'agglutine au reste pour former le bloc de pierre qui ferme la caverne..."
"...Ce qui nous aide beaucoup, ce sont les oiseaux qui sont sur le pin, juste en face: merles, mésanges, passereaux, et autres espèces que je n'ai pas le temps de reconnaître. Le parfum du soleil, filtré par les aiguilles de pin, arrive jusque sur le lit en jouant sur les murs. Certains après-midi sont très beaux..."
"...Les longs bains au large vers 2 heures de l'après-midi, quand je retournais un instant vers le pédalo, mais uniquement pour y jeter mon maillot de bain...mais la mer - la mer lave de tout, croyez-moi..."
"...A Grottaperfetta j'ai vu des maisons roses, perdues entre les roseraies et les meules de pailles, avec de petits écussons sur les portes des écuries - des maisons où peu-être, pendant quelques années encore, les gens pourront se taire, lire, dormir - manger les saisons l'une après l'autre dans la saveur du lait, des légumes, du pain. Je rêve de rester sous l'un de ces écussons - de préparer pour vous de merveilleuses natures mortes..."
Cristina Campo
" Lettres à Mita " Ed Gallimard/l'Arpenteur.